La Renardière

18 mai 2008

La renardière à Saint Antonin, c'était quand, comment et même pourquoi pas d'ailleurs puisqu'on connaît l'endroit.
Un village posé dans les Gorges de l'Aveyron qui suppose d'entrée qu'on va grimper bien sûr mais en retour sur la fin on aura droit au plongeon bienfaiteur.
Un bon petit raid que j'avais fait deux fois déjà, et qui nous y a ramené à sept personnes.

C'était la cinquième du nom.
Aire de départ sur la salle des fêtes, pas de souci y a de la place, on arrive de bonne heure ça va sans dire.
Le déjeuner servi est copieux et riche. Du salé et du sucré accompagné par des boissons diverses.
Idéal pour commencer la journée et le programme qui nous attend. Je recommande sans hésiter le far aux pruneaux, un délice.
Bon mais on n'est pas là pour se gaver ou alors pas longtemps. Le temps du jour est grisonnant mais le soleil se montrera quand même par moment. La semaine a été bien humide, on aura un terrain plutôt gras à suivre on le sait. Ca nous promet un bel effort et même plus.
Plusieurs choix de parcours, de 30 à 90 km et du dénivelé plus plus.
Après l'enfilage du bazar habituel, on commence le moulinage pour sortir du patelin par ses petites ruelles étroites.
Pour le fléchage, il faut suivre les panneaux jaunes fluorescents biens visibles.
Pas de souci particulier même si on a jardiné un petit km puisque emporté par un peu trop d'optimisme sur un joli passage, j'en loupé une indication.

L'ensemble du parcours est physique au vu du profil et du terrain. Il manque juste à la totalité du circuit, un côté amusant. Une impression de pauvreté en monotraces, pas mal de portions roulantes parfois en descentes avec quelques bouts de route même. 

Sur la boucle supplémentaire du grand parcours, des efforts plutôt longs pour passer les bosses et derrière peu de passages joueurs pour récupérer ou apprécier une petite descente qui aurait été bienvenue. Trois ravitos pour quatre vingt dix bornes éprouvantes et rendues difficiles par le temps, c'est pas suffisant. Le premier à 25 bornes quasiment et avant d'y arriver, de grosses côtelettes à avaler. Le deuxième, quasiment à même distance à quelque chose près et très loin dans le temps. Ça c'était pour le côté moins bien qui fait que la plupart du temps hélas, c'est l'impression dominante qui reste à la fin et ça masque les bonnes choses qu'il y avait malgré tout.

Déjà la première bosse inédite, vaut le coup. Un joli sentier qui serpente pour vous emmener sur la hauteur. Waouh ! A froid c'est chaud. Un peu de portage sur quelques mètres par endroits, mais on se remet vite en selle, ça monte pas violent violent mais ça fait grimper la pompe et la température pendant un bon moment avant de terminer cette belle montée sauvage. Ça laissait présager de belles choses pour la suite.
La deuxième descente très technique, apporte du ludique avec un sentier tout en dévers sur le haut qui vous fait jouer les équilibristes.
Gare aux arbres, ils sont mal rangés et on a tôt fait de s'enrouler autour pour peu qu'on les chahute.
Quand ça commence à descendre vraiment ça devient plus dur encore, et malgré les leviers serrés au taquet ça descend quand même.
Faut dire que ça penchait méchant. Dommage pour le portage à suivre d'une centaine de mètres mais pas possible de passer sur la selle.
J'aime assez tenter à peu près tout, mais là ça sentait le vautrage garanti.
Dès qu'on peut remonter sur la selle, le vent souffle et on rattrape le temps perdu. Le sentier se profile tout droit la plupart du temps, visibilité maxi et on peut se lâcher. Pas de piège, c'est propre et personne devant. Superbe.
Il faudra d'ailleurs que je vous raconte hors antenne, la petite anecdote qu'on a eu en bas de la descente avec Patrick du TOAC
qui a roulé avec nous tout du long. Fou rire garanti.
Cette belle descente, nous emmenait tout droit vers le passage appelé Jurassik Park. Un endroit de toute beauté, y en a pas d'autres ailleurs semblable et ça mérite un pèlerinage tous les ans au moins. La comparaison est justifiée, on peut s'imaginer dans le décor du film. L'impression de changer de monde dans ce superbe et vaste cirque fermé par de grands arbres. Un ruisseau qui partage le tout, de la roche recouverte de verdure et de la végétation dense, c'est carrément splendide. A défaut de vélos ciraptors, on y a vu passer plein de vtt qui eux aussi commençait à être affamé. Eh oui eh oui le ravito un peu loin, mais je l'ai déjà dit plus haut je sais.
Bon allez on sort de là, et puis je vous parle d'un autre passage sensass qu'on a déjà fait une fois lors de la Cordiolo.
Le site des petites dunes de terres rouges. Un vrai régal à passer que ce jeu de saute mouton sur deux ou trois cent mètres.
Enfin la dernière descente qui vous permettait de finir sur une belle note. On termine la bosse sur un bout de route avant d'y arriver quand on aperçoit un groupe de jeune freeriders (JPierre on dit fri rail deur) qui semblait se balader peinard. Pour éviter d'être trop bouchonné on accélère et on arrive à passer quasiment devant. Seul l'un d'entre eux se retrouve devant moi. Bon on n'est pas des cracks de descente mais on n'est pas manchot non plus et on sait se débrouiller dans ce genre d'exercice. Et puis chacun je pense aime bien avoir le champ libre dans une pente négative.
Allez pas grave, s'il me gêne trop je tâcherais de le doubler. Remarquez que j'emploi le conditionnel. On attaque cette belle monotrace rapide tout en enfilade entre les arbres. Quelques pierres sans danger, des virages légers ou tu ne perds jamais trop de vitesse. Pas de gros freinage non plus, un vrai régal.
Le gars devant il ne m'a pas gêné, loin de là. Je descends pas pourri et je trouvait que ça allait très vite, trop parfois.
Pas moyen de le suivre sous peine de s'exploser à coup sûr. Sur la fin de la descente, je le voyais même plus.
Bravo le jeune, belle maîtrise  Ça aurait été l'inverse, je suppose qu'il m'aurait collé toute la descente et j'aurais même pu le laisser passer.
Je vous laisse imaginer l'allure des vrais descendeurs, ce doit être hallucinant.
Bon du coup, je ne saurais pas vous parler du paysage de la descente ou s'il y avait des cèpes sur le bas côté.
Même pas eu le temps de jeter ne serait ce qu'un demi œil sur les bords.
Une longueur de bitume pour regagner le village et on passe la ligne 6h10 plus tard (temps de roulage) avec 87 km de plus au compteur et 2400 m de D+ dans les mollets.

Dure et usante cette Renardière. Une dizaine de personne sur 300 environ ont fait le grand parcours et on comprend pourquoi.
Le gras du terrain n'a pas en plus facilité les choses.
Mais avec un parcours un peu moins exigeant peut être et plus joueur surtout, on y prendra vite goût.
Une fois descendu du vtt, vous trouvez tout ce qu'il faut pour vous remettre d'aplomb,
avec les douches pour commencer et puis grillades variées et fromage à volonté pour la consommation personnelle.

Tiens tant que j'y suis-je vous glisse un mot sur la Quercynoise qui se déroulait pas très loin de là à Cayriech une quinzaine de jours avant. Un déplacement de 10 Maillons pas moins, pour les deux parcours de 40 ou 60 km. Et une première sortie dans le groupe MLA de Nicolas, un jeune australien plein d'avenir qui fait un séjour en France. Quarante km de vtt pour débuter, c'est une belle perf surtout avec un vtt light qui pèse à peine moins que ma moto. Chapeau !
Arrivé au départ, ambiance déjeuner bien garni, avec plein de bonnes choses pour se restaurer encore une fois. On traîne pas et ça démarre plein gaz sur un parcours bien roulant. Au bout de quatre bornes j'étais déjà dans le rouge. Obligé de mettre la pédale plus douce, y avait trop de furieux devant.
Le relief du coin n'est pas trop prononcé ce qui nous donnera que 1000 m de D+ à l'arrivée. Des pistes et chemins plutôt larges tout le long, quelques belles monotraces. Une seule véritable descente sur Caylus et une belle bosse derrière.
Le passage magique de cette rando, c'est après le deuxième ravito. Un sentier plutôt descendant et dans un décor extraordinaire, sous une végétation d'arbustes recouverts de mousse chevelue. Indescriptible. Juste la place du vélo avec la sensation que ça s'ouvre devant toi quand tu passes. Et je déconne pas, j'ai rien bu et puis y a des témoins.
Un peu plus loin, j'ai eu des misères avec ma pédale gauche qui trouve rien de mieux que de se barrer de son côté et surtout de rester planqué un bon quart d'heure alors que six ou sept types la cherche. Heureusement Patrick à eu bon pied bon œil pour mettre la main dessus et j'ai pu terminer sans trop de souci.
A l'arrivée, lavage dans la rivière et repas de groupe. Voilà une belle journée bien menée.

Causerie :

Taper la causette :-)