5 juin 2005

Caussenarde


Si on ne devait en retenir qu'une jusqu'à aujourd'hui, on pourrait parler de La Caussenarde 2005. 
On y était on pourra dire, dans cette grande transhumance du vtt.  Tout y est dans cet événement grandiose. Le temps, le terrain, l’extrême variété du circuit, la beauté globale de l'environnement, le charme ou le pittoresque des lieux traversés en plus de l'accueil des gens.



Millésime assuré que cette 16ème édition, perso c'est ma 3ème (2000, 2001 et 2005) mais c'est la plus réussie des trois c'est sûr et quand on pense que les 2 autres étaient déjà des souvenirs excellents, c'est vous dire! 

On fera sûrement d'autres sorties tout aussi réussies, mais va falloir se lever tôt. Ce qui a été le cas d'ailleurs. 5h30 le réveil claironne, 6h15 on est sur la ligne. 
Arrivés la veille au noir, au soir pardon, en duo avec JLuc on a eu le temps de repérer les lieux.

Petit loupage tactique de ma part qu'on évitera d'ébruiter, j'ai royalement oublié mon cuissard. Moyen comme entrée en matière, mais vu le nombre de vttistes présent au camping, on n'a pas eu de mal à trouver l'indispensable peau de bête. 

Merci à Christophe Breemeersch qui m'a permis de rouler avec les couleurs Airbus du TOAC. Ça donne des ailes, j'étais en bonne forme.

Un petit mot sur le campainge en passant. La dame très gentille, la paillote au bord du ruisseau bien comme il faut et la nuit très calme. On sait où aller maintenant.

Revenons à l'essentiel donc, 6h15 sur la ligne en tenue légère vu la journée prévue, et après un café tonique, la troupe déjà abondante s'accumule sous la banderole "plus que 130 km".
7h pile poil la meute est lâchée au compte-roues et c'est parti pour une fabuleuse virée qui va durer 7h30 (temps de roulage) et 8h15 de temps total.
Alors, je vais pas vous faire tout le parcours comme sait si bien le transcrire Pédalator dans son journal des différentes virées qu'il fait, mais je peux vous dire que le tracé 2005 a du enchanter tout le monde. 




Commençons par ce qu'on aime pas forcément toujours dans le vtt, les bosses. Encore que sans elles y a quasiment aucun plaisir ensuite. Y en avait que 4. C'est pas énorme oui vu la distance totale, mais elles étaient fournies en pourcentage et plutôt longues, parfois avec plusieurs paliers qui offraient des moments de récup. 

Loin d'être infernales toutefois, on pouvait passer à la force du mollet pour la plupart. Dès que la pente s'arrête, on est sur les causses pour un long moment à chaque fois.

En haut bien sûr, les plateaux dominants les gorges n'étaient jamais bien plat. Mais l'effort était plus que largement compensé par la grandeur et l'esthétique du périple. 

Un mélange de monotraces boisés, sentiers techniques, pistes roulantes, et tout ça jusqu'à ce qu'il fasse soif, bref un régal perpétuel sous les roues. 
Toujours des paysages haut en couleurs et verdoyants, des monolithes typiques de la région ou encore des villages chargés d'histoires et de ravitos. Le causse du Larzac pour la partie finale, rocailleux et sauvage, complétait bien le tableau.
Partez pas c'est pas finit !




Pour remonter la moyenne rien de tel que de bonnes descentes. Y en a eu trois, de types monumentales (j'ai pas trouvé de mots plus forts). Friand de ces "douceurs" du parcours j'ai trouvé ça énorme bien sûr tant par la longueur, que par la diversité des enchaînements. Et puis sans prendre de risques inconsidérés, faut bien se lâcher un peu dans ce genre d'exercice.
La première, après 35 bornes environ, très technique avec un paquet de caillasses qui pardonnent pas trop les écarts. 

Quelques virages en épingle qui obligeaient à poser le pied. Arrivés en bas les bras sont ravis que ça s'arrête vu la dose de vibrations encaissées tout du long. Pas de bouchon, vu qu'on était dans les premiers quasiment.
Deuxième grosse dégringolade, un peu avant le 100ème km. Celle-là était encore un ton au-dessus. Plus rapide, avec un plongeon gaillard sur un village (Ste Eulalie) et une vue imprenable sur la vallée. 




On était trois à descendre en rythme dans une monotrace de ouf. Avant d'arriver en bas, ils avaient mis en place une portion de 300 mètres de goudron pour faire en sorte de reposer un peu les brandillons et hop à droite toute ça repartait de plus belle dans les virages à 180 et les pifs-pafs rapides. 
Quelques marches bien aiguisées avant de toucher le goudron et on pouvait souffler et se repasser les images au ralenti.
Merde le téléphone sonne. Quittez pas !

Alors... le dernier dénivelé négatif.
Testez vos freins comme ils disent.
Vous l'avez remarqué, à chaque nouveau paragraphe on descend fort, mais on monte en intensité.




115 bornes au compteur, on a depuis une petite demi-heure la stature imposante du Viaduc qui nous rapproche un peu plus de la faim, nous réconforte aussi et surtout domine à peu près tout là-bas. Sur cette partie, on rattrape les concurrents qui sont sur le 80 et le 110 km. On n'est pas trop mal vu qu'on arrive à doubler sans trop de difficultés même si y en a qui tentent de s'accrocher.
Y en a qu'on essayés, y zont eu des problèmes!
Et puis d'un coup plus rien, le vide sous la roue avant, ça dévale profond et intense. Pour le coup j'étais devant, champ libre, en bas très bas la ville de Millau. Une descente inouïe, pas de véritable piège, c'est propre et ça appelle la vitesse tout en restant lucide après 7h de selle. 




Un délice interminable, pas possible de regarder le compteur mais la fraîcheur du vent vous rappelle que ça décoiffe. Un pur état grisant où on entend plus rien et on oublie tout. Faut juste le vivre, difficile de faire partager l'intensité de l'émotion. Bien que très longue, on est hélas trop vite en bas.
On se regroupe et feu sur les derniers hectomètres, la ligne est à quelques tours de chaîne.
Déjà finit ?!!

Une aventure sportive exceptionnelle sur un site qui l'est tout autant, c'est juste ça La Caussenarde. 

Aventure humaine aussi puisque sur l'ensemble du raid on a roulé ensemble avec souvent l'aide de la troupe du CPRS ou encore de Patrick du TOAC discret mais plutôt affûté. Une belle solidarité de tous, c'est un plus souvent constaté dans le vtt. 
En 2006 2007 2008 etc, ça continue. On trouvera bien un moment pour y revenir. 










Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire