TransBiking09

29 avril 2012

Par ou commencer ?

C’est un peu toujours la même question quand je me retrouve au calme derrière un clavier
pour me raconter mon vécu des jours précédent.
Ce sera par contre sans appel pour la conclusion que je vous livre direct.
J’ai adoré tout simplement et on m’y reprendra j’espère.
Grandiose aventure!

Difficile d’en redescendre la semaine suivante.

Bon je me lance…
On a retrouvé le triple AAA, dans un petit coin de l’Ariège, peut être jusqu’alors inconnu de beaucoup de riders certainement,
mais qui va voir affluer un peu plus de pèlerins vététistes, amoureux des raids en montagne.
Pour plein de choses diverses que je ne préciserais pas ici, on a coutume de dire parfois, que la première fois c’est la meilleure.
La TransBiking09 en tous cas confirme que pour une première, elle a tout d’une grande, très grande.

Il y a énormément de souvenirs merveilleux qui se mélange à propos de ce périple.
Deux jours ariégeois qui comptent, où un groupe de soixante riders se rassemble pour déguster le succulent fruit de leur passion.
Le temps et les espaces sont remplis au maximum de plaisir durant cette aventure.

La TransBiking c’est un concept vtt un peu différent de celui qu’on vit toute l’année.
Il propose à un groupe de personnes pré sélectionné de partager une aventure en commun de A à Z.
Pas de chrono, pas de classement, pas de surnombre, il faut juste réussir à le faire.

Le vtt, les paysages, la photo, l’entraide, l’effort, la découverte, l’aventure, le plaisir en grand, la chaleur de tous,
tout cela se regroupe dans l’idée de ce partage et se retrouve ou se renouvelle chaque jour.
Les montagnes ariègeoises offrent un panorama grandiose à ce concept.
Sur les hauteurs ou dans les vallées, le décor incite à profiter de chaque instant et à les prolonger.
La plongée dans les monotraces vous immerge dans la végétation.
Connaissant un peu l’endroit, pour avoir vécu pas très loin pendant une dizaine d’années,
j’ai redécouvert le charme de ces espaces et surtout ils en avaient une saveur encore meilleure pendant ces deux jours.
Terriblement Belle cette TB09.

Pour débuter cet épisode un, il faut remonter en décembre environ et passer par des pré inscriptions, avant d’attendre pour savoir si vous aurez votre sésame ensuite pour confirmer.
Tout se passe bien pour les quatre du club qui sont retenus.
On roule régulièrement toute l’année, donc on a normalement la préparation pour boucler les circuits dans les temps demandés.
Le fait de ne pas avoir de chrono, n’empêche pas qu’il y ait naturellement une barrière horaire
à ne pas dépasser à un moment donné du parcours.

Le vendredi soir, toute cette caravane vététiste se retrouve pour s’installer au centre d’accueil de Vicdessos.
Les vérifications d’usage concernant les inscrits s’effectuent en premier lieu.
Vous recevez votre plaque, noire et blanche, très sobre.
J’hérite d’entrée du meilleur des numéros de plaque, le N°9. Très bien… pour la TB09.
Donc déjà je trouve que ça se présente plutôt bien.
On y retrouve les copains riders, on y vient de toute la France et même de Belgique pour certains ou d’autres d’Espagne,
le vtt non plus n’a plus de frontières pour rassembler. Et surtout on y fait de nouvelles connaissances.

Une fois installés dans les chambrées, le repas du soir nous attend.
Composition des tables à l’envie et les discussions vont bon train.
Je vais pas vous retracer les conversations, mais ça cause surtout vtt. Étonnant non ??!
Fin du repas, on passe au briefing du lendemain
Laurent Brossard, le chef d’orchestre nous déroule le plan vtt du premier jour dans le détail.
Ce sera copieux, ludique, incertain, rude, en semi autonomie et surtout on sent bien derrière le discours la passion de la nature et de cette belle région.
On n’a plus qu’à fermer les yeux et imaginer.
C’est d’ailleurs ce qu’on va pas tarder à faire en regagnant les piaules pour la nuit.

Jour J enfin.
Toute l’équipe d’organisation est là, Bryce, Hélène, Sylvain, Damien, Yann, Athanaël et Laurent, je dois en oublier certainement.
Une équipe réduite et efficace, qu’on va retrouver éparpillée sur les divers passages des parcours durant ces deux jours.
Petit déjeuner, préparation, photos, ultimes recommandations sur la ligne, et on s’élance pour la TransBiking Ariégeoise.

Les données de ce premier circuit sont simples, 71 km pour 3000 m de D+. Comme ça c’est plus parlant.
Et la trace se fait intégralement au gps, pas de balisage.
Le circuit original qu’on avait reçu au format gpx était un peu plus court (63 km) à cause des chutes de neige intervenues les jours avant.
Mais bon qu’à cela ne tienne, pour faire quand même le bon compte, l’organisation à mis en place rapidement une boucle bonus de 8 km.

Côté météo, la journée est incertaine. Le temps est orageux avec risque de précipitations dans l’après midi.
Bon… on verra bien, s’il faut ça va passer à côté ou rester sur l’Espagne :-)
La partie de manivelles commence dans le village qu’on quitte pronto pour prendre la route,
direction le Port de Lers et bifurquer ensuite vers Sentenac.
Deux ou trois bornes de chauffage avec des pourcentages gentils mais pas trop.
On roule à quatre du club, tous ensemble pour cette grande aventure.
JeanMi le coach en Trek, Jean Yves Cannondale et Go Pro, Julien sur Scott et moi avec un Yeti qui se régale déjà.
Quand on touche la terre on est là en plein dans l’intitulé du site internet TransBiking, le pure singletrack !
Et ça va durer tout le weekend presque.
En commençant par les sentiers interminables qui surplombent en balcon au dessus de la vallée du Vicdessos.
Ces km de plaisir vtt et de merveilles pour les yeux nous envoient direct sur la descente de Lapège
toute en virolos jouissifs et un final onctueux dans les sous bois.
Bien planqué derrière un muret dans la descente, le photographe fait crépiter les flashes pour capturer ces instants furtifs.
On retrouve le calme du côté de Niaux et jusqu’au village d’Alliat.
La suite est toute en grimpette gaillarde et superbe pour rejoindre Génat.
Une belle suée avec ce temps orageux et cette température douce.
Quelques poussages ou portages déjà qui mettent dans l’ambiance raid montagnard.
Le défilé de vététistes se poursuit sur une allure plus calme du coup et toujours dans la bonne humeur.

Sur les hauteurs le village haut perché de Génat,
quelques chemins bucoliques pour traverser les prairies et se rapprocher du Quié.
La descente est rapide à l’entame, et redevient hyper joueuse avec un final en épingles bien torsadé.
Superbe encore !

La poursuite sur les chemins qui bordent Tarascon boucle la liaison vers Alliat avant de s’insérer dans une des meilleures monotraces du raid.
Une trace qui ondule pendant une grosse dizaine de km le long du ruisseau.
Pure merveille à rider et pure merveille visuelle aussi, avec de longs moments intenses à vivre.
Il était conseillé de parcourir ses sentiers en se gardant de trop y laisser d’énergie et on comprend aisément une fois qu’on y pose les roues.
C’est excellent mais jamais plat, et surtout très technique entre les roches de toutes tailles qui facilitent pas la progression parfois.
Pas de gros dénivelés, mais une innombrable succession de courtes montées et descentes savoureuses qui sont réellement un hymne à la joie.
Terriblement belle et bonne cette longue séquence.

Les meilleures choses ont une fin c’est bien connu.
Après ces quelques 35 km de très grande qualité, on passe sur l’autre versant de la vallée,
avec une belle descente encore… sauf que on la prend pas d’en haut.
Cette fois on grimpe jusqu’à Sem, petit village perché à mille mètres.
A l’approche en bas, on aperçoit la cascade géante qui décharge vigoureusement.
La montée est rude mais elle passe plutôt pas mal sur la selle,
quelques parties plus ou moins longues en poussages malgré tout selon la forme de chacun pour franchir tous les virages en lacets.
Toujours un décor visuel plaisant lorsqu’on arrive près du ruisseau un peu plus haut.
Petits ponts de bois, végétation verdoyante et humide, et premier visuel des habitations sous le village dès que les versants s’élargissent.

Au sortir du patelin, on arrive au pied de la boucle bonus.
Plutôt que de partir vers le Col de Sem, on met le cap à gauche pour aller transbiker une trace rugueuse jusqu’au Col de Risoul.
De bonnes portions à coté du vtt ou en dessous, c’est selon l’envie.
Passé le virage à droite à mi bosse environ on peut se remettre en selle pour tenter de finir la difficulté.
Je me souviens pas de tout mais il me semble que ça passe pas trop mal.
A la fin du sentier, Bryce nous attend pour aiguiller les concurrents sur la boucle suivante
qui va nous ramener au même endroit dans quelques km.
Le ride continue pour notre quatuor sur une piste au début pour deux km tranquilles mais qui montent quand même un peu.
Et ensuite, tout proche des premières neiges, un pur sentier sur la droite nous élève de quelques dizaines de mètres au-dessus de la piste.

On se dirige vers le Col de L’Esquérus en passant tout d’abord sur deux névés
pour continuer ensuite avec une autre sente merveilleuse qui serpente sous les pinèdes.
Sentier truffé de racine et de bons passages ludiques tout le long. Très bon encore.
Le final termine la boucle et on repasse du côté de Bryce qui a déjà enfilé l’imperméable.

On continue par une grosse descente très humide qui débute par une série de virages serrés dans la rocaille.
Belle entame avant de mettre les gaz grands ouverts - n’est ce pas J Yves ? - dans le dénivelé négatif jusqu’à Goulier.
Sensass celle là aussi, on a changé de décor et de terrain. C’est trempe, plutôt rectiligne et ça décoiffe.
Glissante oui, mais largement faisable sans trop de risque et avec un max de plaisir.
Yann le photographe maison, crapahute de bon cœur dans ces dénivelés négatifs, pour figer au mieux les positions de tous dans les passages les plus délicats.

Quand on lâche les freins, on est pile au ravitaillement number one et unique.
Il est tenu par les dames qui plus est.
Sans faire de mystère, on peut y retrouver Hélène et ses collègues.
Bon désolé, on n’est pas très présentable. La dernière descente nous a copieusement changé de couleur.
Et si la fin est loin encore, la faim elle est bien là depuis un moment maintenant.

On savait qu’il y avait 50 km avant de retrouver des réserves et malgré de multiples barres, pates de fruit et autres gels qu’on a avalé, il est bon de retrouver de la nourriture plus classique.
Ravito complet avec sucré et salé de qualité. On prend le temps de déguster, on n’est pas très nombreux encore et de plus dehors la pluie s’est invité et tombe épaisse.
On prend congé pour se relancer dans la grisaille et sous la pluie.
Pas trop le choix, car ça continue de tomber et on se refroidit vite.
Il nous reste environ un peu plus de 20 km.

Pour se réchauffer, pas de bosse à faire mais plutôt le final de la descente qui fuse jusqu’à Olier et poursuit encore tout en bas sur Auzat.
On y joue les équilibristes bien souvent mais on se régale quand même,
faut juste bien négocier les passages sur les gros pavés ou les dalles de roches.
Bien partout ce morceau et quand on y repense, la descente est longue, très longue depuis la fin de la piste tout en haut.

Le bord du ruisseau nous promène quelques centaines de mètres et c’est une portion de route qui va nous faire remonter plus ou moins doucement vers Artiès et au-delà jusqu’à Pradières d’en Bas ou nous attend Laurent pour un autre contrôle de passage.

En attendant qu’on se rassemble tous les quatre, on discute un peu avec Laurent.
Personnage chaleureux qu’on découvre et apprécie à chaque rencontre et qui nous fait part un peu de son désolément pour les conditions météo qui vont nous rendre le final de ce super parcours moins agréable que prévu, moins simple aussi.
Mais le temps ne change rien à l’affaire, on est dans une grande et belle aventure,
qui malgré la pluie continue de nous émerveiller et c’est pas fini car y a du superbe à venir.

Pendant qu’on discute, le Coach en profite pour s’échapper.
C’est le coach donc on dit rien, mais le deal selon JeanMi c’est qu’il prend un peu d’avance dans les bosses car ensuite Jean Yves le rattrape dans les descentes. Nous avec Julien on fait que suivre.

Les quatre Maillons sont réunis et on repart à l’assaut de deux petits portages successifs, pas longs mais raides.
Pour la suite c’est du sentier technique et ultra joueur qui se présente en profil descendant.
Revenus à hauteur d’Artiès, on remet le cap vers les hauteurs pour rouler autant qu’on peut
ou bien porter sur un sentier en zigzag dans les bois humides.
On jardine un peu avec la trace gps qu’on oublie parfois de vérifier et du coup en suivant le sentier naturel, on se retrouve plus haut que prévu.
Et le fin du fin, c’est que pour perdre un peu d’altitude car on voit la trace plus bas, on se choisit un portage en descendant. Trop fort les gars.
Retour sur le droit chemin donc, et ça continue de monter un peu encore avec de courts passages très sévères par moments, mais ça se fait sur le vtt.

Au bout de cet effort, plus de piste de chemin rien c’est bouché.
En fait on voit vite la suite du programme, un pett mètre plus haut, on se hisse sur l’Aqueduc de Bassiès.
En voilà un passage encore extra. Un mètre de large à peine, parfois moins il me semble, on roule sur une dalle de ciment couverte de mousse, une paroi rocheuse à gauche que vous pouvez toucher de l’épaule et à droite au mieux vous avez 2 mètres de vide, au pire vous en avez 200.
Waouh !! Grandiose, géant, impressionnant.
Quel visuel là-dessus et quelles sensations !
Il est préférable de s’arrêter si on veut admirer le décor environnant, car c’est pas large et vaut mieux pas se manquer.
Ça passe quasiment partout à part quelques passages trop risqués ou bouchés par des éboulis.
Splendide !

Au sortir de ce superbe conduit, un sentier pour changer. Terrible ce raid !
Une monotrace pas facile avec ce sol détrempé, parsemé de cailloux qui ripent au maximum la roue arrière.
Séance de pilotage engagée. et en finesse svp.
Et puis pour finir vous reprenez une bonne grosse descente sur le village de Marc.
Elle est ultra glissante vu les conditions météo et dans les premiers virages c’est à pied, du moins pour moi.
La fatigue influe aussi sur le pilotage et on ne prend pas de risque inutile.
En bas, on retrouve les bords du ruisseau Vicdessos pour ne plus le lâcher quasiment jusqu’à Auzat.

Pas besoin de vous faire un dessin, ce sera du singletrack encore.
Joueur, technique, furtif, engagé, tout est bon à rouler, sauf le passage du torrent qui surprend quand on doit le traverser.
Mais gare, c’est pas une partie de plaisir, le courant pousse fort.
Heureusement des arbustes permettent de se cramponner pour passer en sécurité.

Le roulage reprend sur des sentiers transformés en petits ruisseaux, mais malgré les roches très glissantes,
on passe quasiment partout sur la selle et compte tenu des conditions de roulage, ça se fait plutôt bien.

Cette longue monotrace à profil descendant qu’on a engagé au village de Marc, se termine cinq ou six km plus bas à Auzat.
Une ultime petite bosse, pas bien longue heureusement, nous attend pour remonter au dessus du village et aller chercher une dernière trace sauvage qui replonge sur les premières habitations
avec un final dans les ruelles et sur une série d’escaliers.
Traversée d’Auzat et liaison finale sur le bout de route qui descend sur l’arrivée.

Eh bien, pour un premier jour c’est du sensass tout le long.
Un début de circuit plutôt « facile », splendide et joueur où il faut gérer malgré tout et garder des réserves et puis la deuxième moitié plus engagée physiquement et techniquement avec des conditions difficiles.
Mais que du bon tout le long.
Bravo et superbe ce premier jour.

Mon Garmin m’indique 74,5 km – 2950m de D+ pour 7h18 de roulage
et 1h30 d’arrêt – 10km/h de moyenne (moyenne de roulage)

L’organisation faisant les choses complètes et bien adaptées, on peut laver les vtt,
ce qui est bien entendu obligatoire si on veut repartir au mieux le lendemain.
Pauvres bikes, on les aime et ils nous le rendent bien, mais qu’est ce qu’on leur met dans la figure

On peut aussi se régaler ensuite avec la collation proposée dans la salle de restaurant.
Un autre grand moment de la journée, après ces heures sur la selle et suite à une douche qui vous remet d’aplomb, un bon petit festin grandement apprécié.
Les forces et les couleurs reviennent vite, et on peut déjà se refaire un peu le film de la journée.
Bonheur à rallonge depuis le matin.

Vers 20h, le repas du soir bruyant comme à la cantine, animé, plein de vie et d’émotions, souriant et puis Laurent nous fait de nouveau un sympathique topo du lendemain pour préciser les contours du jour 2.
Une nuit de sommeil un peu plus longue nous attend avec de belles images qui repassent en boucle.

Dimanche matin 6h15, le coq a pas encore chanté que ça remue beaucoup dans la chambre.
Un coup d’œil par la fenêtre pour voir que le ciel est meilleur aujourd’hui.
Le rituel de préparation est identique à la veille et on se regroupe vers 7h45 pour un petit roulage de chauffe jusqu’à Auzat pour le départ réel. Deux petits km de bitume.
Sur la ligne, le mot du Maire nous fait patienter quelques instants avant de se mettre en ordre de marche.

Qu’est qu’on fait aujourd’hui ??
Le programme est « léger », moitié moins environ que le jour 1.
Seulement 35 km pour 1600 m de D+. Beau temps, ciel plutôt dégagé, ça se présente bien.
Un circuit tracé sur un petit périmètre, qui se compose comme un trèfle, mais à quatre feuilles.
Chaque pétale saura vous en mettre tour à tour plein les yeux et plein les jambes aussi parfois, mais surtout débordant d’enthousiasme.
Si vous voulez mon avis, le premier jour était superbe, mais le deuxième atteint des sommets.
Pas qu’on monte plus haut, mais parce que c’est encore meilleur et un cran au-dessus dans la composition du circuit.
On aura de l’ultra ludique tout le long, du superbe pour les yeux – encore – mais surtout du plaisir perpétuel.
Rassurez vous on en bave aussi, et quand ça se termine, on est bien content et le compte est bon, pas la peine d’en rajouter.
Deux jours d’aventures mémorables. On ne peut qu’aimer, et même si rien n’est jamais parfait, quand même c’est fort ce qu’on a vécu.

C’est parti pour le jour 2. Premier roulage pour sortir du village et attraper la première grimpette.
Chemin quelques centaines de mètres et puis single track again.
Direction Saleix par un joli sentier qui défile sur les murets de pierres.
Très bon pour commencer avec quelques passages techniques entre les roches.
La remontée vers le petit village est plutôt gaillarde déjà, pas très longue
mais le décor est planté tout comme nous parfois et ça se ressent dans les jambes.
Quelques brefs petits portages obligés.

Au village, on attaque franchement la première bosse qui va nous calmer d’entrée. 3 bornes depuis le village.
Sur une piste d’abord avant de se rétrécir en sentier pour finir avec de bonnes portions en portage
et un final d’escalade sur quelques dizaines de mètres. C’est joli mais ça monte.
Le Coach JeanMi a mis des watts d’entrée en bas et comme je veux pas trop l’abandonner, du coup on y va un peu trop gaiement dans le léger sur régime.
Mais Laurent nous avait dit en bas, qu’il n’y avait que la première bosse de difficile et qu’ensuite finger in the noose.
Ouais ! Bon… faut se sortir les doigts quand même souvent.
Julien est en poursuite juste derrière et J Yves se fait la journée plus cool.

Passé la bosse, on se laisse délicieusement glisser dans une trace sauvage qui va devenir aérienne et même parfois à l’image de nos vtt, tout suspendue, avec un ou deux passages vertigineux. Superbe !
Pour terminer, une paire d’épingles hyper serrées que j’ai pas bien négocié.
Avant de commencer à remonter un peu, on se plante copieusement avec l’ami espagnol.
On enquille plein gaz une superbe descente qui fuse à Mach 2 vers le bas.
Une pure trace, hyper propre avec de légers virages ultra rapides en slalom.
Somptueux ! Quel plaisir là-dedans.

Ça allait vite et à tous les deux je trouvais qu’on flânait pas, quand j’entends derrière moi un F16 qui s’approche.
Je m’éjecte sur le côté un peu plus loin et je suis pas trop étonné quand je vois le pilote, c’est Damien Oton.
Bon bye bye, à plus tard…
Sauf que c’est à ce moment là, avant de reprendre l’allure que je pose les yeux sur mon gps.
Bingo ! C’est pas là.
Put… un bon km à se retaper pour reprendre la bonne trace. Demi tour. Pfff !

Damien qui s’en est aperçu encore un peu plus bas, ne tarde pas à repasser tout aussi rapidement qu’en descendant, toutes proportions gardées.
Respect !
L’ami espagnol est plus vaillant que moi et je peine un peu.

Le retour sur le parcours, ondule un peu avant de replonger encore avec une série de virages en épingles et une belle descente technique. Les sensations reviennent.
En bas la route nous ramène rapide vers Suc et Sentenac.
Grimpette à suivre toujours dans des sentiers toujours aussi superbes, des petits portages ponctuent le pédalage qui est déjà gaillard la plupart du temps.
Passages entre les murets de pierres, qui parcourent le long des ruisseaux.
Quelques petits pâturages ça et là, et une progression rude qui demande un peu de technique pour jouer entre les racines ou les roches.
Ça va descendre ensuite, jusqu’à Sentenac.
Excellent ces descentes de ruisseaux et de sentiers rocailleux au début.
Pas toujours simples, faut être vigilants.
Mais c’est de l’amusement permanent et durable car on en s’en met de belles en montant,
donc quand ça penche du bon côté on compense largement.
Et passé le village, on lâche pas les freins car ça continue pour une autre avalanche de plaisir.
Bien sec, beaucoup de barres rocheuses bien adhérentes et des passages en devers saupoudrés de quelques marches vibrantes.
Ça abuse dans le luxe. Le plus fort c’est qu’on passe bien partout sans prendre de risque inconsidéré. Balèze celle là !
Bryce nous attend en bas pour le contrôle si je me souviens bien.

On redescend ensuite vers Vicdessos et Auzat pour apprécier le ravitaillement.
Les dames sont toujours à l’action et la pause fait du bien pour se restaurer et récupérer un peu.
Le deuxième jour, la fatigue n’est pas loin et le programme n’est pas encore terminé.
JeanMi patiente au ravito pour attendre J Yves et je repars à la chasse pour essayer de rejoindre Julien (à peine une dizaine de minutes devant).

Benoit (Kangout12) m’accompagne pour rejoindre Olbier.
Une bosse qu’on a descendu la veille « rapidement » malgré la pluie et les dérapages contrôlés et qui est moins coriace qu’elle n’y parait finalement.
On passe quasiment tout sur la selle à part deux ou trois poussages portages.
Et on retrouve notre ami espagnol qui est dans le même rythme.

Le beau temps du jour se maintien bien depuis le matin.
Et on peut apprécier au vu de ce qu’on a ramassé la veille, de parcourir plein d’endroits déjà secs ou très peu humides.
Une petite merveille de descente va s’ensuivre encore jusqu’à Vicdessos.
Sentier caché avec ces quelques torsades de virolos joueurs truffés de roche.
Du plaisir ? Affirmatif.
Pour retrouver ses esprits et décompresser,
un bout de route qui nous repasse brièvement devant le centre d’accueil.
Et puis cap tout là-haut vers Orus. Benoit nous prévient que c’est plutôt copieux l’épisode à venir.
Effectivement, la route s’estompe vite pour laisser la place à une sente gaillarde qui coupe court à toutes les discussions.
On arrive à rester sur la selle quand même un peu, mais les portages sont bien plus présents là-dedans.
Sur les hauteurs, comme on aime ça, vas y qu’on se plante encore.
En duo avec Miguel (je l’appelle Miguel car je connais pas son prénom et l’ami espagnol c’est pas très fun je trouve).
La trace virait à gauche vers Orus par un superbe petit sentier,
mais nous on prend l’option bourrin par la route.
Une petite borne de plus sur la route parallèle au sentier, et Miguel me dit « no esta aqui ».
Y a plus qu’à, et on redescend peinard.

Cap vers Orus où on entame le single en balcon qu’on a fait la veille à l‘envers.
Splendide quel que soit le sens, avec une petite préférence aujourd’hui car c’est à profil descendant globalement.
Et le plaisir de rouler est énorme sur ce passage qui en plus est un bonheur pour les mirettes.

Le début se fait dans la végétation et plus le rythme s’accélère plus le décor devient sec et rocheux.
On peut se permettre de bonnes pointes de vitesse jusqu’à Sentenac.
C’est sur cette partie que l’appareillage photo idéalement placé, avec une prise de vue en surplomb, orientée sur la vallée et le village devrait donner de superbes photos.
Suite au village, on refait la petite merveille de descente qu’on a déjà faite un peu plus tôt dans la journée.

Pour suivre et faire simple, vous êtes en bas et l’option choisie est sans ambiguïté.
Il va falloir remonter un peu.
Certes les bosses ne sont plus très longues mais elles deviennent rapidement usantes.
Il faut gérer l’effort, je suis toujours avec Miguel et Benoit est pas très loin tantôt devant tantôt derrière au gré des jardinages et du manque de vigilance avec le Garmin.
J’ai pas revu Julien qui cavale devant et du reste je commence à avoir un rendement pas terrible je trouve, alors que les passages qui arrivent mériteraient d’avoir encore du jus tellement ils sont bien choisis et agréable à rouler.

Sur les hauteurs entre Vicdessos et Auzat, c’est dans la roche qu’on poursuit le périple
avant de replonger de belle manière sur une descente rectiligne vers Saleix.
Contre les parois rocheuses, le Yeti demande de la vitesse mais je reste en dedans pour pas risquer d’en prendre une.
Miguel s’enfuit devant et je peux pas suivre.

On repasse voir Laurent dans le patelin qui nous précise qu’on entame la dernière boucle
avant de revenir une dernière fois ici même pour le final plongeant sur Auzat.

Allez faut s’en remettre une petite dernière dans les jambes.
Pas très rude, cents mètres de positif encore pour rejoindre le Pont de Judzé, mais quel final !
Si vous avez le souffle coupé c’est pour deux raisons, la beauté du lieu et le cardio dans le rouge.
Camonte pas fort, mais ça consomme du jus
Le sentier défile d’un côté pour redescendre de l’autre, et au milieu coule une rivière.
Un ruisseau si vous préférez, mais encore une fois c’est ravissant et admirable.
Non seulement très plaisant à rouler, mais visuellement superbe.
Le meilleur est à venir lorsque vous franchissez sans peine le petit pont qui amorce le retour.
Champagne et caviar pour la énième merveille de cette TB09.
Des enfilades rapides entre les arbres, et tout près du ruisseau.
Du bon sans relâche et sans modération.
Il faut parfois s’enrouler entre les roches ou les arbres pour franchir le pas et repartir de plus belle derrière.
Incroyable cette fin de journée.
Faufilages furtifs dans la végétation qui semble s’ouvrir pour votre passage.
La descente s’achève à la passerelle qu’on a visité le matin.
Curieusement, Miguel se retrouve derrière moi à cet endroit.
Ça met du piment le gps et les parcours qui se recoupent dans tous les sens et il fallait être vigilant sur la trace.

Sur ce, il faut continuer, et si vous le voulez bien, remontons une dernière fois à Saleix.
La dernière promis.
On connait la bosse, et sans pouvoir dire qu’on l’aime plus que la première fois, on est certain que c’est bien la dernière.
Ca sent bon la bière et du coup ça passe pas trop mal.
La petite dévalade finale est encore bienvenue et bien choisie.
On se laisse couler vers Auzat dans une dernière trace qui nous précipite direct sur l’arrivée.

Waouh ! Ca y est.
Bigre ! Quelle aventure ! Enorme ! Hors normes ?!
Chacun y mettra ses superlatifs, ils seront de circonstances
Dire qu’on aurait pu rater ça !
Merci pour tout

Les données récoltées ce jour sont de 40 km – 4h00 de roulage – 1950m de D+
et 20 minutes d’arrêt – 10 de moyenne tout rond.
J’ai 3 km de trop environ je pense et 150 m de D+ aussi.

La plaque TransBiking09 sur le devant du vtt vient de se parer du sticker « Finishers ».
Une fois posé le vtt, on peut tranquillement déguster la bière
et se restaurer avec toutes les bonnes choses mises à disposition.
Surtout que c’est pas finit, une collation de qualité nous attend à Vicdessos.
Bravo là encore à l’organisation, rien n’est laissé au hasard de ce côté-là.

On aura vécu une aventure mémorable, qui a ravi tout le monde et que quasiment tous ont du pouvoir boucler avant les barrières horaires.
Même si le temps en a contraint quelques uns à écourter le samedi, tous étaient prêts pour passer le cap.
Et c’est aussi un choix en ce sens fait par l’organisation
de proposer des raids engagés, difficiles, splendides, techniques ou la plaque est à bannir (pas celle du cadre, l’autre qui envoi du 42x12)
mais du vtt accessible si on s’y prépare et qu’on intègre le fait qu’en montagne, c’est pas toujours le cul sur la selle.
De temps en temps il faut en descendre, mais tant que ça dure pas des heures, ça reste largement supportable.
Même pour moi qui ne suit pas adepte du portage et puis c’est pour la bonne cause.
Derrière une bosse, y a toujours une merveille qui vous attend au tournant.

Le vtt restant l’élément central de ce weekend rempli d’émotions, on peut dire que la région a de quoi enchanter par la qualité de ses parcours
et la façon de les mettre en mouvement qui a été judicieuse et pleine de bon sens.
Bravo !
La devise TransBiking ce pourrait être « in monotrace we trust » tellement on en a parcouru.

Je sais plus trop quoi vous dire d’autres si ce n’est de tenter l’aventure à votre tour la prochaine fois.
Le vtt c'est le partage, on a été servi dans cette notion.

Comme toujours, j'ai certainement oublié de dire plein de choses encore meilleures,
mais tout le monde aura compris que c’était bien cette aventure.
Des CR, photos et vidéos fleurissent un peu partout, ils prolongent encore le plaisir.

Merci Laurent et toute la bande TransBiking pour ces délicieux moments qui durent longtemps.

Causerie :

Taper la causette :-)