Pic du Midi

19 juin 2011

Plus vite - Plus haut... plus fort

Vive le vtt et la montagne. Et le grand bleu.
Quand vous associez les trois, vous tenez à chaque fois une aventure sportive et humaine
aussi belle que ces grands espaces qui permettent de vivre des moments intenses.
Y a plus qu’à tenter d’écrire (décrire ??) ce qu’on a partagé et vécu.


Samedi 18 juin 2011, nous voilà rassemblés à la Séoube, petit village montagnard entre l’Aspin et le Tourmalet.
Deux jours vtt montagne, pour parfaire la préparation du Raid des 3 Vallées en juillet.
Météo pas top avec de la pluie toute la matinée. Qu’importe, on peut pas pédaler donc on reste au chalet, près de la cheminée pour un petit déjeuner qui se poursuit une bonne partie de la matinée.
Sans transition, on attaque le repas du midi avec le pique-nique qu’on devait plutôt engloutir en altitude
si le temps avait été plus souriant.
Heureusement les sourires ou fous rires ne manquent pas autour de la table.
Vers 13h30 malgré le crachin encore présent, on se décide à rouler pour tenter la boucle prévu au programme du jour (60km), en enlevant une partie du circuit pour pas rentrer trop tard.
On est 6 à tenter le coup, pour d’autres ce sera baignade dans les eaux thermales du coin.
La trace nous emmène vers le col d’Aspin sur la première partie.
De la route la plupart du temps, entrecoupée de quelques belles portions de terre.
Une bonne douzaine de km pas très difficile à monter et idéal pour rester à bonne température.
La grisaille nous empêche d’apprécier les paysages environnants.
Passé le col et une petite photo souvenir, on repart sur de la terre cette fois ci, et pour une longue traversée vers la Hourquette d’Arreau.
Chemin à fort pourcentage au début, limite poussage sur une dizaine de mètres et ensuite quasiment que de la monotrace sur 6 ou 7 km.
En forêt de pins ou sur les pâturages, le terrain est plutôt gras et collant.
Plaisant à rouler sur ces sentiers, malgré la purée de nuages. Par beau temps et sur le sec, les panoramas sont superbes.
Au bout du sentier, vu le temps et l’heure avancé, on quitte la trace prévue qui devait nous faire descendre vers Arreau, pour aller direct à la Hourquette d’Ancizan quelques centaines de mètres plus loin.
Des hourquettes y en a partout dans le coin, ça veut dire fourche en patois gascon.
Un bout de route à passer pour attaquer une belle descente en monotrace qui revient vers le bas de l’Aspin.
Ça caille épais sur le goudron pendant un bon km rapide, juste le temps de remettre les roues sur le sentier.
Superbe dénivelé négatif dans les pins. Rapide et propre, ça file bon train pour le groupe de Maillons.
En bas, le lac de Payolle est rapidement atteint.
On poursuit un petit peu le périple en mettant le cap vers les hauteurs au-dessus de Gripp,
jusqu’à une maison blanche adossée à la colline.
Charmante cabane de berger plantée au milieu du décor pyrénéen.
Promenade tranquille sur les chemins avant que Fred le régional de l’étape nous fasse découvrir une petite merveille de descente introuvable, si vous êtes pas du coin.
Tellement bien qu’on y repassera le lendemain pour débuter notre aventure « maillonesque ».
Les quelques km qui nous séparent du chalet se font sur route et permettent de terminer cette « petite » boucle de 40 km.
Rien n’est jamais petit en montagne, et on a bien fait de rouler en fin de compte.
Une première journée bien sympa malgré ce temps qui n’incitait pas à sortir le vtt, mais qui a fini par chasser les nuages en fin de journée.

Le repas du soir se poursuit assez tard comme d’habitude, dans la chaleur d’une table pleine de bonnes choses.
Ambiance massivement joyeuse et hilarante.
Dehors, la nuit s’installe sous une belle voute étoilée.
On est déjà demain dans la tête, et le ciel nous fait signe que ça va le faire.

_________

Dimanche 19 au matin, vers 7h30 le petit dèj est en cours.
Tout le monde est fin prêt. Température extérieure fraiche et le ciel est splendide en plus d’être totalement dégagé.
On est dix au départ.
Martine (les dames d’abord), Jean-Louis, Fred, Julien, Alain, Nico, Jérôme, Patrick, Thierry et moi.
Joli groupe de Maillons Libres ! (MLA = Maillons Libres de l’Aussonnelle)
Départ, chalet de la Séoube. Arrivée, chalet de la Séoube. Entre ces deux points, c’est quoi le plan ??
Un plan maillonesque !
Le parcours du jour est orienté raide et inconnu de tous.
Sauf Fred qui connait la région mais ne l’a jamais tenté en vtt.
Le kilométrage de 60km n’est pas énorme, mais on est en montagne (haute montagne) et ç’est déjà du lourd.
Le dénivelé positif estimé à 3000m est quant à lui plutôt gaillard

8h30, on met les compteurs à zéro avant d’enclencher les pédales.
C’est parti pour une journée bien remplie.
Quelques km de route pour rejoindre le Sarrat de Bon et un petit sentier montant nous amène sur les prairies au-dessus de Gripp 5 km qu’on roule, et c’est déjà l’heure d’enquiller la première merveille du jour.
On la connait puisqu’on l’a fait la veille. Un petit km de bonheur total dans un sous-bois sauvage.
Une trace tout en glisse sur de la terre souple qui tortille entre de gros pavés rocheux. Miam, miam !!
Il faut jouer du frein arrière et du cintre pour passer les obstacles naturels.
Un pur régal à vivre !
La piste d’en bas chemine jusqu’au village d’Artigues où on rejoint la montée du Tourmalet par la route principale. 

10km de route en super état, mais pas des plus faciles dans ce sens.
Compter entre une heure et une heure trente de moulinage pour en venir à bout selon votre condition physique.
Décor montagnard dans les arbres sur une route sinueuse au début avec des pourcentages moyens de 8 environ et ensuite des portions plutôt rectilignes dès que vous arrivez aux pare avalanches et surtout là,
c’est des pentes plus dures qui défilent jusqu’à la Mongie.
Ça continue de monter dans le village et à la sortie, 4km de plus et pas des moindres.
Il faut encore appuyer sur les manivelles pour terminer la bosse par une route enlacée dans un paysage un peu plus désertique maintenant.
Depuis un moment, on aperçoit déjà le plat de résistance qui nous attend tout là-haut, le Pic du Midi.
Un dernier lacet à droite, trois ou quatre cent mètres de pente et c’est fait pour cette superbe montée, classée comme une des plus dures des Pyrénées parait-il, mais aussi une des plus belles.
En tous cas une des plus hautes avec ses 2115 mètres d’altitude.
La température du jour est agréable là-haut mais il faut malgré tout se couvrir dès qu’on relâche l’effort.
Pendant que la chaine de Maillons se rassemble en demi-heure de temps environ, admirez la vue magnifique de l’autre versant du Tourmalet côté Barèges.
Je l’ai jamais monté à vélo, mais la route et le décor sont superbes vu d’en haut.

Après une courte pause du groupe, on se remet en selle sur un terrain plus adapté à nos roues.
Le chemin en terre bien tassé monte doucement pendant environ 4 km jusqu’au du lac d’Oncet.
Un névé est encore présent contre une paroi rocheuse.
Arrivé en surplomb du lac au col de Sencours, un groupe de lamas vous attend quelques mètres en dessus du chemin.
Ce doit être pour eux une curiosité quotidienne de voir défiler ces caravanes de piétons ou de types en deux roues affublés de tenues bariolés.
Le reste du troupeau est stationné de l’autre côté du virage rocheux sur un parking naturel.
Après le passage de ce petit col, où vous êtes à mi-chemin du sommet environ (en km, pas en temps), vous attaquez maintenant une pente plus sérieuse.
L’altitude et le pourcentage additionné, rende la progression moins aisée.
On passe bien tout de même en prenant son temps. Pas question ici de se cramer ou de faire du fractionné.
La montée se fait en lacet sur une piste assez large, parsemé de cailloux plus ou moins gros.
Il y a toujours une monotrace propre et balayée d’un côté ou de l’autre et le rendement ne souffre pas trop.
Dans la progression, on retrouve Cendrine, Martine et Ana qui ont attaqué le sommet en pédestre depuis le col du Tourmalet.
On prend la pose photo de groupe par endroits, et on peut admirer en alternance chaque versant du Tourmalet.
La vue sur la station de la Mongie est superbe et on peut déjà repérer une descente qui fait partie de nos options du jour.
La monotrace qui plonge depuis le col de Sencours jusqu’à Artigues.
Avant cet éventuel succulent dessert, il faut terminer l’ascension.
Midi approche rapidement et le Pic aussi, mais plus lentement.
Chaque virage en épingle est bouché par un amas de neige qui vous oblige à un petit portage de vingt ou trente mètres.
Cinq virages au total sur deux km et demi avant d’arriver à un très grand névé autour de l’hôtellerie des Laquets (2600m).
Le soleil illumine le tapis blanc sur lequel vous avez quelques minutes de marche pesante.
Le vent souffle bon train et il faut penser à être bien couvert.
Quand la neige disparait sous les pieds, on peut se recaler sur la machine.
Le sommet qu’on aperçoit quasiment tout au long de la montée depuis le Tourmalet est là tout près en visuel, juste au-dessus.
Il reste un bon km de distance à parcourir à travers les sentiers de granit et environ 300m de D+.
Pendant cent cinquante à deux cent mètres, on peut faire l’effort de rester en selle jusqu’au premier virage.
Ensuite le vtt a fini son job, c’est à vous de bosser pour lui. Comptez entre 15 et 30 minutes de portage pour toucher au but.
l y a quelques passages par endroits où on peut se remettre à pédaler sur cinquante mètres environ.
Ça change un peu le rythme et c’est bénéfique. À vous de choisir.
Tout au long du portage, le Pic est juste au-dessus de votre tête d’un côté ou de l’autre selon l’orientation du sentier.
Dans le final, la monotrace plutôt propre jusqu’alors, se transforme en grosse caillasse mobile qui densifie encore la difficulté.
La dernière ligne droite vous fait franchir le rail du monte-charge et cinquante mètres après
vous êtes au pied des bâtiments de l’Observatoire, sur le Pic du Midi de Bigorre à 2872 mètres.
Splendide !

Profitez du site sur tous les points de vue disponibles pour contempler cette immensité, avec une vue à 360 degré sur toute la chaine pyrénéenne.
10 Maillons au sommet pour un premier pic de bonheur.
Une pause bien méritée, un casse-croute qui s’engloutit sans sommations et la rétine qui brille en permanence.
Moments indélébiles ! Images aériennes de chaque côté. Visibilité parfaite!!
Que dire de plus ? Allez-y et vous verrez, la lune n’est plus très loin.

On n’a pas fait tout ça pour rien quand on reprend la bicyclette. Les bosses ç’est bien, mais quand on les prend dans le bon sens.
Demi-tour obligé depuis le sommet, pas d’autres issues que de dévaler ce que vous avez grimpé.
Pression des pneus, déblocage de tous les amortisseurs et cap vers le bas.
Le début est très difficile, voire limite dangereux.
La pente raide et les pavés de granit conjugués, vous secouent plus que de raison.
Vous pouvez arriver à passer selon votre bagage technique.
Après le premier virage, ça va mieux et tout le monde passe.
Quelques passages bien vibrants encore mais tout est ok.
Ça peut défiler à très bonne allure jusqu’à la partie enneigée que vous avez franchi pendant la montée.
Une centaine de mètres de neige tassée qui passe le cul sur la selle si vous équilibrez bien le poids du corps légèrement sur l’arrière et avec un peu de vitesse.
Si vous rentrez assez vite vous n’avez pas besoin de beaucoup pédaler.
Préférez le passage sur la neige vierge plutôt que sur les traces pédestres qui sont moins porteuses.
Sur le sentier en sortie, la vitesse augmente vite pour dégringoler d’une épingle à l’autre.
Vous pouvez éviter la plupart des bouchons de neige en passant sur les amas de terre et de roches à l’intérieur au-dessus des virages.
Attention tout de même car c’est technique et vous êtes à chaque fois en surplomb à trois ou quatre mètres du chemin.
La descente est très rapide jusqu’au col de Sencours.

Pendant la pause déjeuner un peu plus haut, on s’est interrogé sur la suite du parcours.
Deux options étaient au programme.
La descente directe sur Artigues sur une monotrace pure et savoureuse vu d’en haut
ou bien, la poursuite vers le petit col de la Bonida, la liaison vers le col d’Aoube, les passages splendides du lac Vert et lac Bleu, avant la grande descente sur la vallée de Lesponne et Campan.
Nos guides du jour, Fred et JLouis pensent que l’option vers les lacs sera meilleure et plus sympathique encore que le retour rapide vers Artigues.
De plus, on a le beau temps et tout notre temps.

C’est parti. Un peu plus loin sur la droite, on s’engouffre dans un sentier tête en bas qui plonge sur le lac Oncet.
Petite descente remuante qui se poursuit en bas avec une trace à profil descendant qui suit le ruisseau.
Dans notre enthousiasme démesuré, on s’est même aventuré 500 m trop bas sur la trace qui descend vers la station de Super Barèges.
Il faut en fait rester sur la sente qui oblique à droite vers le col de Bonida.
Ça nous a obligés à un petit portage copieux dans les herbes folles et les pierriers pour se remettre sur le droit chemin,
qui n’est pas toujours très roulant par la suite.
Beaucoup de pierres ou de passage trop accidentés, le final est en portage intégral pour passer le col (2300m).
Belle vue de toute la vallée de Barèges.
On peut de nouveau se remettre en selle pour cheminer à flanc de montagne contre le Pic de la Bonida, jusqu’à une petite descente bien technique qui déroule cinq ou six lacets plutôt escarpés.

Les distances semblent très longues dans les montagnes, alors qu’il n’en est rien lorsque vous revoyez votre périple sur des logiciels types Google Earth ou autre.
L’impression de naviguer longtemps sur le terrain alors qu’en fait c’est surtout la petite vitesse de progression qui rallonge les distances.
Et aussi le plaisir des yeux car on s’en met plein la vue dans ces grands cirques naturels.
Côté faune, pas un piéton, encore moins d’animaux sauvages (si un Yeti pardon) ou de surfeurs des neiges.
Seuls les oiseaux passent, et de temps en temps le cri d’alerte aigu des marmottes qu’on entend sans les voir.
Et puis, au milieu de cette immensité désertique un groupe de 10 personnes à vtt !!??
Dingue !! Mais tellement beau.

Sur cette partie entre la Bonida et le col d’Aoube (on dit aussi Aouba), ça roule à peu près partout sauf sur quelques passages trop difficiles.
Vous débouchez dans une prairie perdue au pied du col, il y a là pour le coup des moutons bleus.
Alain en profite pour une petite partie de saute moutons et les promène pendant quelques rondes de récupération.
Une petite pause en bas de la bosse, vous fait prendre conscience de ce qu’il vous reste à franchir.
Vu d’en bas, ça n’a pas l’air simple. Un gros portage en perspective. 2250m d’altitude à peine au départ, et 2360m en haut sur environ sept cent mètres de distance à travers un pierrier éboulis naturel.
Un sentier est tracé heureusement pour faciliter l’ascension.
Compter environ 20 minutes de portage en zig zag.
Tout le monde est bien passé finalement et il est moins dur que ce à quoi on s’attendait en bas.
Trois ou quatre mètres dans le final nous oblige à un peu d’escalade sur les roches, car de grosses plaques de neige sont encore présentes.
Vue imprenable sur les deux lacs vers lesquels il va falloir s’orienter.

Sur ce parcours vtt, ce col marque la fin des portages montants.
Tout le reste du circuit jusqu’à Campan sera sur un profil descendant.
Quelques discussions plus tard, on remet les mains au guidon pour commencer notre descente sur les lacs.
Superbes sentiers qui sillonnent la montagne. On perd peu à peu du dénivelé en laissant glisser et en pédalant en alternance, un ou deux petits pierriers à passer sans problème, pour déboucher sur un pâturage.
Quelques dizaines de mètres plus bas, au détour d’un virage, vous vous retrouvez sur le sentier aérien au-dessus du Lac Vert.
C’est là qu’on se rend compte du pourquoi du nom de cette étendue d’eau.
Alors que de loin, lorsque vous êtes en approche, les deux bassins semblent identiques au niveau de la couleur bleu de mer, 50 ou 60 m en surplomb de celui-ci, avec la lumière solaire, le vert l’emporte haut la main et c’est une pure splendeur.
On est pas bien là ??
L’arrêt est obligatoire, et on retrouve un peu d’humanité avec quelques promeneurs tout en bas au bord de l’eau.

Le glissement progressif du groupe reprend vers le Lac Bleu qui apparait rapidement.
On va le longer pendant un bon km en continuant sur la même monotrace.
Plaisir de rouler et plaisir des yeux ne font qu’un.
A l’approche de la descente sur le lac, on croise un duo de promeneur qui trouve plutôt inouï le fait de faire du vtt dans ces montagnes où la randonnée pédestre est la norme en vigueur.
On peut pas leur donner tort, mais de leur côté, les marcheurs en général ne peuvent pas comprendre ou apprécier bien souvent les endroits dans lesquels on est capable de passer en vtt.
La descente au bord du lac est hallucinante au niveau vertical.
Cherchez pas, ça passe pas sur la selle. Encore une fois inversion des rôles avec votre vtt.
Une paroi rocheuse abrupte, un sentier taillé dans la masse, une main courante avec un câble d’acier pour s’agripper dans les passages les plus hard, et débrouillez-vous avec ça.
Quand vous attaquez ce morceau en milieu de groupe, que vous avez une minute ou deux de retard, l’image que vous avez c’est que vous n’avez plus d’image justement.
Vos potes devant ils ont disparu, vous ne les voyez plus et pour cause ils sont vingt ou trente mètres plus bas directement sous vos pieds. Terrible !

Une bonne cinquantaine de mètres environ, à passer façon escalade dans des endroits délicats,
mais néanmoins superbes et qui font partie intégrale de l’aventure.
Le tout est de bien faire attention, car les chaussures vtt n’ont pas de grip la plupart du temps,
mais en restant vigilant, ça se passe relativement bien.
Les derniers mètres pour atteindre le bord du lac peuvent se faire sur la selle.
Sacré séquence émotion.
La pause s’impose au pied du lac, pas mal de marcheurs apparaissent maintenant,
car la venue sur ces lacs se fait depuis la vallée de Lesponne qu’on va s’employer à dégringoler pour alimenter enfin le dénivelé négatif.
Descente montagnarde égale descente très technique et tendance ardue, genre force cinq sur une échelle de un à quatre.
Bon j’en rajoute un peu volontairement, mais c’est quand même difficile.
Une super descente quand on aime. Moi j’adore. On passe à 80% sur le vtt si on sait se débrouiller sur les gros techniques.
Beaucoup de passage délicats encore, où il faut bien faire la part des choses entre vitesse, trajectoire et coup de pédale pour enrouler entre les gros rochers.
On ne peut pas aller vite de toute façon sous peine de se ramasser rapidement et gravement.
Quelques portages obligés sur des franchissements bien trop dangereux.
Les enduristes passent peut-être, mais ça reste impressionnant par endroits.
On croise quelques passants qui sont pour le moins surpris je suppose de nous voir tortiller sur ces sentiers pentus.
Je fais la descente devant et mes deux compères JLouis et Thierry, sont pas en reste sur la première partie pour jouer leur partition.
Descente en cadence et en trio pendant deux bons km façonnés en lacets, jusqu’à la traversée du vieux pont sur le ruisseau du Lhécou. Sensass !
Chaud bouillant par endroits, mais sensass.

On se fait un regroupement général après la traversée du ruisseau.
Tout le monde est là, bien présent.
JLouis, en gersois passe partout, 4 roues motrices dans une allure régulière,
pouvant cheminer de l’aube au crépuscule sans faiblir.
Jérôme, qui revient de la TransVésubienne et qui nous a fait quelques belles figures libres et improvisées, sur les hauteurs des lacs.
C’est quand tu veux Jéjé pour une autre aventure avec les Maillons.
Julien, en bonne forme qui progresse dans le technique et qui commence à conter aussi ses aventures vtt.
Fred, qui connait par cœur la région, avec un zesty aérien sur lequel je pourrais m’assoir qu’avec un escabeau trois marches.
Le sac à dos, la montagne et les raids au long cours, c’est son domaine qu’il nous fait partager.
Alain et Martine, en duo complémentaire se soutenant l’un l’autre pour faire face à la rudesse de l’épreuve.
Nico, qui en bave dans cette descente. Mais qui s’accroche pour ensuite retrouver des couleurs dans la vallée.
Grande aventure égale grande progression de soi.
Thierry, adepte aussi des grands raids montagnards et qui survole à peu près partout les difficultés.
Bon il en bave aussi parfois, mais c’est jamais visible sur lui.
Enfin, notre Momoye, la parole joyeuse et dense comme d’habitude,
et qui tient la forme avec ses entrainements dance floor, salsa et samba brésilienne.
Quant à moi, j’apprécie chaque instant de ce périple qui nous fait tourner la tête de tous les côtés.
Et faudra que je pense à emporter un carnet de note,
car j’oublie très certainement à chaque fois un paquet de belles choses à raconter.

L’appel du vtt refait surface et on remet le nez dans le guidon vers la vallée.
Monotrace moins pentue maintenant, mais tout aussi esquintée.
Il faut continuer à se jouer des cailloux et rochers en tout genre.
Sur une trace en torsade qui court le long des ruisseaux.
Passé le plus difficile, ça devient plus large et propre sur un chemin en herbe où la vitesse augmente rapidement entre les virages.
Vous arrivez très vite du coup sur le réservoir d’eau qui marque le retour de la végétation.
Vous vous enfoncez alors dans la forêt sur un chemin de gros galets remuants où là encore les brandillons sont mis à rude épreuve.
Les vibrations reprennent de plus belles, et les secousses sont garanties sur les machines et les organismes.
La fatigue aidant, c’est pas le meilleur passage de cette grande descente,
mais malgré tout ça se fait si on a encore un peu de fraicheur physique.
Le sol est mouillé tout comme les pavés, ce qui ajoute encore quelques embardées quand le vtt va à droite alors que vous partez à gauche.
Il y en a pour un km et demi de ce gymkhana acrobatique.
Au sortir du bois de pins, vous êtes pile à l’auberge du Chiroulet.

Il vous reste dix km de chemins et pistes très roulants pour rejoindre Campan.
Profil descendant à vitesse grand v, un peu surréaliste par rapport à ce que vous avez fait depuis le matin.
A Campan, c’est pas tout à fait fini. Dix bornes de plus et 300 m de positif pour rejoindre le chalet de la Séoube, point de départ de cette vététicime.
C’est de la route, et selon vos ressources, vous adaptez l’allure en groupe et ça se passe bien.
Quelques petites bossellettes à franchir sans problème.
La ligne d’arrivée est coupée en fin de journée vers 18h30.

Les données de mon Edge 305 une fois extraites du gps ;
63 km – 2800m de D+ - 6h00 de roulage (roulage portage) et 4h00 d’arrêt environ.
Certains gps dans le groupe (etrex, oregon ou dakota) ont plus de dénivelé semble t’il.
Les Edges séries (305, 705, 800) sont assez proches en valeur je pense.

Pour terminer la journée, rien de tel qu’une petite bière (ou deux à la limite) et un bon repas montagnard, où on se repasse les plats et le film du jour.
Vous prenez déjà conscience de ces moments ineffaçables que vous venez de vivre.
La montagne en vtt ce doit être un régal à chaque fois, en tous cas pour nous une grande et belle aventure de plus, qui tire tout le monde vers le haut.
La rareté de ces sorties contribue au fait qu’elles en sont meilleures lorsqu’on les réalise.

Que dire de plus ?
L’ensemble d’un week-end grandiose d’un bout à l’autre, et sur tous les versants.
Un groupe de garçons et de filles et une bonne table. Un mélange simple, qui nous donne une montagne de bonheur.
Le samedi pour se préparer et s’imprégner de l’ambiance montagnarde, et le dimanche qui nous envoie vers les sommets d’une aventure épique, mémorable et extraordinaire.
Bravo à tous et merci, partager ça en groupe, plutôt nombreux, c’est splendide.
10 Maillons dans la montagne pendant 10 heures environ et avec un temps splendide.


Totale réussite, plaisir no limit et souvenirs qui restent à jamais.




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