Essai Cannondale Moterra - By Charly

7 décembre 2016

Le CR de Charly avec son ressenti et son analyse détaillée.
Un grand moment de groupe que le partage de cette sortie d'un nouveau genre. 
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Les révolutions se font rares mais les évolutions sont constantes. Il en est en sport comme en politique et si l’arrivée du VTT fut une révolution dans le monde du vélo, l’arrivée de l’assistance électrique est une évolution incontournable. 

Bien ancré dans ses certitudes traditionalistes, le monde du cyclisme a regardé les VAE côtoyer les vélos et vtt originel avec une certaine circonspection pour ne pas dire un à priori négatif. 

C’est au cours d’une discussion amicale pendant laquelle Christophe de CULTURE VELO de Blagnac vantait la fée électricité qu’il nous invitait à essayer le MOTERRA, dernier vélo VAE de CANNONDALE. C’est ainsi que nous nous retrouvons, Yves, Jean Louis, Gilles, Laurent, Christophe et moi, à Bruniquel par un beau matin de décembre.

Arrivés sur place, Guillaume KOCH (marketing manager pour la France) et Yann, son représentant régional, nous attendent devant la belle remorque CANNONDALE. Nous faisons connaissance autour d’un café/viennoiseries et profitons de ce moment pour observer ce fameux MOTERRA. Si sur les photos, ce vélo ne retient pas spécialement l’attention, sur le terrain, l’impression est toute autre. Le cadre, en alu hydro-formé et dont certaines parties sont forgée, est soudé avec soin. Les cordons de soudure sont polis,  la batterie et le moteur sont bien intégrés et l’équipement cohérent avec l’utilisation de l’engin (Shimano XT et FOX). L’ensemble fait sérieux et pas du tout mastoc comme on pouvait le ressentir en regardant les magazines. Après quelques réglages, le montage de nos pédales et les explications techniques de Guillaume, il est temps pour nous d’entamer cette prise de contact.



La première impression, sur le plat, est assez déroutante. Placé sur l’assistance la plus faible (mode éco) le premier coup de pédale se traduit par une poussée franche et continue. Ce mode éco permet de compenser le poids et donc à l’inertie de l’engin qui n’a rien à voir avec ce que nous connaissons avec nos vélos classiques. Grâce à un sélecteur électronique situé à gauche du guidon, il est possible de faire varier cette assistance (4 modes d'assistances (ECO/TOUR/SPORT/TURBO+ le mode OFF) tout en roulant en fonction des difficultés qui se présentent.

Le petit groupe attaque donc le chemin empierré qui monte jusqu’en haut de « la tombe de l’Anglais ». Des cailloux roulants tapissent le bas du chemin puis une partie en terre un peu collante charge les pneus (27,5+) et pour finir, de la roche bien lisse et ancrée au sol se charge de bloquer la progression des vtt, le tout avec une pente conséquente. Avec les vtt traditionnels, cette montée est délicate, voire difficile, surtout lorsqu’elle est humide. Il faut constamment garder de la vitesse, pour passer les roches lisses sur l’élan mais il faut vraiment avoir la condition pour y arriver. Avec le MOTERRA on est dans une autre configuration. Toujours en mode éco, l’aide à la traction est sensible, attention, on n’est pas sur une mobylette électrique, mais sur un vélo. L’assistance ne vient que si on pédale. En fait le moteur BOSCH analyse plusieurs fois par secondes une multitude de données dont la fréquence de pédalage et c’est en fonction de ces données et du mode choisi que l’assistance se fait effective. Dans la pente et sur les roches lisses et glissantes, l’adhérence est surprenante, il n’y a pas de rupture de rythme et donc de rupture de traction, le MOTERRA avance, tracte, progresse et avale les obstacles avec une efficacité surprenante. On ne sent pas le poids du vélo mais il faut s’en occuper. En fait ce vélo est très équilibré, le poids de la batterie et du moteur mais aussi la géométrie choisie plaquent la roue avant au sol évitant ainsi d’avoir un vélo volage. On le place ou on veut, avec précision sans jamais avoir la sensation d’une direction lourde.



Notre test se prolonge et nous arrivons sur la partie « velue » de notre randonnée. Une grimpette de 1,8 km à 12% minimum et des passages à plus de  20%. Il n’y a aucun moment de répit sur cette montée caillouteuse que je n’ai jamais pu grimper dans son intégralité avec mon GT Hélium carbone. (Ce n’est pas le vélo mais les jambes). J’attaque modestement le début de cette redoutable pente en mode éco. Ça monte doucement, le vélo tracte mais les cuisses commencent à chauffer, la pente se redresse et les cailloux n’aident pas à la progression. UN coup de pousse et je passe sur le mode d’assistance supérieur. Le coup de pédale est sensiblement facilité, la traction optimale, le MOTERRA franchit les petites marches qui sont de vraies difficultés vus les pourcentages. La pente s’adoucie légèrement, j’en profite pour redescendre en mode éco et économiser la batterie. On le ressent de suite dans la fluidité du coup de pédale à tel point qu’il m’est nécessaire d’augmenter légèrement l’assistance pour passer le raidillon qui se présente à moi. La traction est optimale, le pneu mord la terre et la roche, le MOTERRA me hisse au sommet, le souffle court, les jambes en feu mais j’y suis, cuit mais satisfait. On regroupe la troupe pour attaquer la descente qui nous ramène à Bruniquel. 

C’est un single en dévers avec quelques racines et roches qui se chargent de jeter à terre l’imprudent qui voudrait les défier. On rentre dans la pente, l’assistance est coupée, le vélo prend de la vitesse, il est stable, on a l’impression que le poids assoie le MOTERRA sur sa trajectoire. On enquille deux virages serrés, la direction est précise, le vélo est neutre, l’arrière suit et ne cherche pas à passer devant, on balance le MOTERRA sans appréhension, les racines et roches sont avalées sans hésitations. Un virage en épingle et en fort dévers coupe cet enchaînement,  le freinage SHIMANO XT est sans faille et ralenti l’équipage avec une stabilité étonnante, on inscrit le vélo dans l’épingle et l’ensemble suit d’un bloc, naturellement sans aucun effort, preuve d’une géométrie judicieusement choisie. La descente se termine par une succession de virages rapides entre les arbres qui nous permettent de balancer le vélo d’un appui à l’autre avec une vitesse étonnante et avec un sentiment de sécurité absolu. Arrivés en bas on se regroupe. Tout le monde a la banane. Quel plaisir ces engins, on a vraiment l’impression d’une stabilité hors-pair. Nous profitons de ces quelques instants pour comparer nos consommations électriques. Tout le monde a joué le jeu et seule une barre sur les cinq au départ a été consommée, de quoi laisser entrevoir une belle autonomie. De retour à Bruniquel, le constat est unanime, Cannondale en sortant son MOTERRA en VAE a réussi sa Validation des Acquis de l’Expérience. Expérience acquise pendant des années en X country, en descente et en All Mountain et dont nous profitons aujourd’hui. Comme le dit Christophe, le VAE c’est vraiment du sport mais avec une connotation plaisir encore plus forte. Lui, il a tout juste.



La matinée se termine autour d’une (plusieurs) bière et d’un BBQ offert par nos hôtes  avec, aux manettes, Guillaume qui non contant d’avoir été un des meilleurs descendeurs mondiaux est aujourd’hui un ambassadeur des plus sympa de cette grande marque américaine. 

Le plus difficile commence donc maintenant, convaincre le ministre du budget familial de la nécessité d’acquérir ce bijou pour continuer à prendre encore plus de plaisir à rouler dans nos campagnes. 
Dis Monsieur, c’est quand les soldes chez CANNONDALE ?



Causerie :

Taper la causette :-)