Roc Trespouzien

10 avril 2011

Fabuleux !!
Un seul petit mot pourrait résumer la balade vtt du jour.
Comme quoi, on n’a pas toujours besoin de grands discours pour les grand parcours.
Et puis comme ça, je m’économise les quarante lignes qui vont suivre, et je prends l’option bière et canapé qui m’attire de plus en plus en cette fin d’après-midi.
D’habitude, je fais ce genre de récit d’aventure deux ou trois jours après, mais là, j’ai trop de bonnes choses à dire que si j’attends,

je vais pas m’en rappeler de la moitié et malgré tout j’en oublierais certainement car on a abusé des belles choses aujourd’hui.

Fabuleux, c’est ce que je disais en passant la ligne d’arrivée de cet énorme raid. Énorme  le mot pourrait presque être faible.
Maintenant que je suis peinard, douché et revigoré, je vais pas me contredire.
Avant toute chose, de quoi on parle ?
Du Roc Trespouzien bien sûr, puisque c’est de lui qu’il s’agit.
Pour la quatrième édition, au pied de la Tour relais de Trespoux, on avait rendez-vous sur l’organisation de Cahors Cyclisme,
le club local qui organise aussi le superbe Roc Cadurcien et tant qu’à faire jamais deux sans trois, le Roc Montcuquois pour respecter le dicton.

On verra les deux autres plus tard, quand on aura récupéré de celui du jour.
Ce Roc Trespouzien marquera les vététistes qui l’auront fait n’en doutons pas une minute.
Déjà l’an dernier c’était de l’extra avec le grand parcours, mais celui-là, je pourrais dire qu’on atteint l’excellence, tellement c’est bon partout.
Difficile d’établir un classement en matière de parcours, mais j’ai pas mal roulé dans toute la moitié sud de la France et sur les meilleurs parcours que je me rappelle, il serait certainement sur le dessus du panier.
C’est plutôt rare un tracé avec des enchainements aussi bien pensés et réussis.
Le terrain de jeu s’y prête certes, mais encore faut il le faire.
Chapeau messieurs les traceurs car il faut une connaissance énorme du site.
On voit que c’est fouillé dans les moindres recoins, un gros boulot d’ouverture est réalisé pour parfaire cette petite merveille.
Les liaisons s’enchainent parfaitement, sans temps mort.
Ludique à donf et plus que parfait pour se régaler tout le long.
Alors bien sûr, c’est du physique aussi et sans ménagement.
La succession de bosses à gravir est copieuse, très souvent en monotraces donc plutôt pentues,
mais on passe partout sur le vtt à part à une ou deux exception près, ce qui est bien vu encore une fois.
Beaucoup de petits raidillons et de singles ondulés qui sont un vrai festin, mais qui vous bouffent du jus sans modération.
Le parcours laisse peu de place à la récup si on le fait en mode sport, et se tortille dans des enchainements de singles, des descentes hyper joueuses (sur ce plan là c’est géant),
des passages splendides, des monotraces en veux-tu en voilà, des sous-bois sauvages, bref du bonheur en km.

Les données avaient changé cette année, avec un grand parcours plus long et plusieurs possibilités de raccourcir au fur et à mesure de votre progression et surtout en fonction de votre forme du moment.
77km avec 2400m de D+.
Sur le papier, c’est déjà pas pourri, imaginez sur le terrain !!
On connait bien la région à Cornebarrieu et donc on descend toujours avec plaisir dans le Lot.
Un convoi de huit au départ, prêt à se fondre dans les décors du Quercy Blanc.
Le temps du jour est comme prévu, annoncé nuageux avec de faibles risques de précipitations.
Les seules précipitations qu’on ait eu (pour ma part), c’est l’envie de pisser à un moment.
Pour le reste, la pluie s’est tenue éloigné des parcours qui étaient hyper secs.
L’absence de soleil, était finalement bienvenue, car avec la chaleur ça aurait été encore plus dur.

On passe par le questionnaire des inscriptions, accompagné du petit dèj pour permettre à tous de se retrouver sur l’aire de départ.
Le départ initial et groupé était prévu à 9h pour tous, mais l’organisation a permis un feu vert demi-heure plus tôt pour ceux qui le souhaitaient et qui faisaient le grand parcours.
8h30, on enclenche donc pour s’élancer avec déjà un bon groupe de départ.
Ca démarre direct par une petite descente en monotrace suivi de la petite bosselette sur un sentier fraichement ouvert ou du moins bien nettoyé pour revenir sur le Pech.
Descendez on vous demande déjà plus bas. Du D moins dans la combe du Roc en dessous de Merle, on siffle de joie.
En tous cas, la couleur de mise apparait clairement cette année encore, ce sera la monotrace.
Et elles se succèdent les unes aux autres en montant et en descendant.
Quelques bornes à peine, et c’est déjà sensass.
On atteint rapidement le village de Flottes par les singles des Garic.
Retour sur les hauteurs après le patelin et gaz dans la descente qui suit.
Sauf que (on le saura après), des abrutis (et je suis poli) ont cru bon de virer les balises qui obligeaient à prendre à droite un peu plus loin.
Résultat, pour le paquet de vététistes qui arrivaient, tout droit cap en bas.
Une fois rejoint la route, on retrouve des balises un peu plus loin donc tout va bien, jusqu’au premier ravito.
Encore des traces de ouf, ouvertes depuis peu, excellent !
Sauf que une fois arrivé au ravito un, c’est pas le un. Lol !
On était déjà au deux, avec quinze bornes au compteur.
Dommage, mais bon on fait la fête aux abricots et à la cochonnaille quand même.
Je connais bien le coin et après avoir pris l’info que le ravito un était à Les Junies sur la piste qui vient du village, on décide avec la dizaine de riders déjà présents de tenter de le rejoindre
pour reprendre le circuit et faire la superbe boucle sur les hauteurs de Douelle.
Retour à Flottes et reprise du parcours avec vigilance, mais au pas de charge un peu quand même.
Effectivement, l’organisation avait réagi immédiatement et remis des balises au bon endroit.
On a d’ailleurs bien fait de revenir car la boucle valait vraiment le détour avec encore du single sauvage à la toque et sorti d’on ne sait où.
Passage sur le premier ravito. Ouf ! Il a du monde pour le coup.
Un brin de causette entre deux rondelles de saucisse avant de remettre de l’intensité vers en bas.
Bonne pioche encore, on vibre dans le bon tempo.
Passage au site de parapente, enfilade de traces joueuses
et surtout surtout ne pas manquer l’approche de descente splendide sur les hauteurs de Douelle avant le plongeon final de la descente tout bonnement énorme.
Terrible !
Un peu de calme plat avant de revenir sur la superbe boucle qui nous redirige vers le R2,
avec à nouveau une monotrace ouverte fraichement et peu visitée, et des paquets de singles extra qui suivent. De quoi en prendre plein la vue et rajouter des bornes de plaisir.
Ayant déjà fait cette boucle lors de notre premier passage suite à l’erreur parcours, on va direct sur le ravito deux par la route.
On a déjà 38km au compteur quand on y arrive, alors qu’on aurait dû en avoir seulement 26 d’après les infos qu’on nous donne.
77 au départ et 12 de plus que prévu, on devrait donc en avoir maintenant proche de 90 à l’arrivée. Arrgg !!

On se remet dans le sens de la marche, et on enroule les monotraces en sous-bois pour pas changer.
Si vous êtes pieux, priez pour vos jambes avec la bosse de caillasse qui remonte vers l’église de Rassiels.
Ça pique un peu, mais ça passe bien. Enfin faut quand même appuyer fort par endroit.
A gauche en haut et nous revoilà à onduler sur du single joueur pour rejoindre les plaines de Plafaisan et Trespouzets 

Au passage, on laisse sur la gauche la descente de l’an dernier pour filer dare dare sur celle qui va nous faire redescendre sur la piste chemin du bas (Plantou blanc). RAS, c'est de l'extra encore.
Un jouet technique sensass, comme des gosses la dedans.
Allez ! vite on remonte vers la route, carrefour D12, un petit tour super dans le bois de les Salles et on élargi le sourire dans le gros technique descendant qui vous envoi dérouler un joli sentier vers Trébaix.
On ne lâche plus les monotraces dans ce coin, ils les ont toutes mises aujourd’hui, et même quand on les connait quasi par cœur c’est toujours un régal sans fin.
Les sentiers tortueux de la Truque de Martel pour finir et nous revoilà sur un peu de goudron.
Le fin du fin quand on connait bien le coin, c’est que à de multiples reprises on repasse à dix quinze ou trente mètres d’un endroit où on est passé il y a à a peine demi-heure.
Les bords de vigne pour naviguer autour de Cournou qu’on laisse à droite, et on dévale vers les combes dans la vallée vers Saint Vincent.
Gavage de singles et descentes encore hyper joueuses. Faut le vivre pour s’en rendre compte.
Et en bas en avant la musique. Le ton monte sur le splendide sentier sauvage des Travers de Glorie,
avant de se mettre dans les jambes la remontée vers les Roques.
Physique le bazar, je vous le disais plus haut, mais quel pied.
On laisse le village des Roques à gauche et on se décoiffe sur la descente suivante vers les combes de Bigorre.
Cette descente que j’avais testé il y a quelques années n’était pas ouverte, maintenant c’est du pur bonheur avec de bons passages très techniques et extra.
Circuit toujours sur un périmètre réduit, on va pas loin à chaque fois et on remonte déjà vers le village avant de s’engouffrer dans le penchant vers le bas qui suit.
Grosse descente technique dans la combe vers Saint Vincent encore.
Vous faites pas le voyage pour rien dans la Lot, vous voilà prévenu.

En haut ça s’appelle Ventejouls. Mais avant d’y être, faudra s’employer dans la monotrace qui s’étire vers la plaine.
Pas très dure, mais comme ça fait quand même un moment qu’on tire sur le cintre, faut se la couler douce et ménager ses guiboles.
Passé le hameau, vous serez pas étonné de reprendre un peu de singles, y zont visiblement pas su trouver autre chose aujourd’hui.
Tiens au fait, le ravito trois se pointe gentiment, bien garé sur la gauche en bordure d’un chemin.
Salé sucré, ça fait du bien.

Peu de monde, ça fait un paquet d’heure que je roule en solo et les gars qui sont sur le ravito s’interrogent pour rentrer par la route vu qu’ils sont plutôt rôtis.
Je continue mon parcours de santé avec le sourire des grands jours.
Comme un con je prends pas d’eau en plus, pensant qu’il m’en reste assez jusqu’au ravito quatre.
Pfff ! Deux trois bornes plus loin, en bas de la descente ça coule plus.
Descente sensass vous vous en doutez, pas besoin de décrire, et puis vous aviez qu’à être là J,
on met le cap vers Labouysse. Le cap c’est azimut vers là haut bien entendu.
Petite surprise avant d’arriver tout au bout, le panneau indique à gauche avec "moto" marqué en dessous. Portage obligé donc.
Pour une fois, j’obéis pas au panneau et je tire tout droit.
En fait, vous faites quelques dizaines de mètres supplémentaires et un virage épingle à gauche vous fait shunter ce portage.
Et du coup y en a plus d’un qui ont fait ça.
Après le village, quelques chemins pour revenir sur les plaines au beau milieu des vignes entre Cournou et Douelle.
Je pensais qu’on allait descendre direct vers Douelle d’ailleurs, mais non on oblique à gauche pour le super morceau plongeant au-dessus de Labrunie et Cels.
Géant simplement et à consommer sans retenue.
En bas je rejoins Gaël qui connait le coin comme personne peut être
et nous livre ses humeurs et chroniques sur son blog Cahors vtt.
Il pense, en espérant se tromper, qu’on se dirige vers la montée des morts.
Déjà, morts vous l'êtes en bas, mais dedans c'est bien pire encore.
Je connaissais pas le nom mais par contre, je l’ai fait une ou deux fois en bécane par le passé
(facile avec la poignée de droite qui va bien) et ça monte épais avec du gros pourcentage. Une monotrace évidement.
De plus comme on est sur la fin, ça va peser dans les gambettes.
J’ai quasiment 77 bornes déjà et c’est carrément la remontée la plus dure du raid.
En bas, ça passe pendant cent cinquante mètres environ et ensuite c’est la marche forcée pour passer le virage et pendant encore une cinquantaine de mètres.
Ensuite je me remets sur la selle et j’ai pu finir jusqu’en haut malgré la rudesse du dénivelé.
Pas fatigué peut-être y aurait moyen de passer intégralement.
Le final est superbe avec un sentier qui serpente à flanc de colline sans difficulté particulière.
J’ai encore de bonnes jambes et je chôme pas, les copains sont déjà arrivés surement et y sont capables de siroter tout le vin.
Donc gaz !
Ça tombe bien d’ailleurs, car on rejoint la piste qui prolonge la route au-dessus de Douelle.
Un gros km de chemins roulants et à gauche comme je m’en doutais et l’espérais vivement,
on se met en position pour le caviar du jour et pour moi je crois que c’est le caviar de la région tout simplement.
La descente des pylônes.
Un conseil, ne laissez personne devant dans cette merveille taillée dans la masse et joueuse comme aucune autre.
Si vous avez un type devant sortez le ou attendez qu’il soit plus en visuel.
Il faut la faire à son allure et là on peut affoler les compteurs et se piqouser de bonheur.
Le début avant de récupérer la bonne trace, ça ondule avec quelques toboggans superbes
et dès que vous virez à gauche sur la vraie trace qui vient de plus haut… mama mia !
Le concert débute. Laissez aller la musique allègrement.
Le Yeti joue sa partition impeccable, aucune fausse note.
Trop trop bon. Inouï et extraordinaire ce joyau. Le grand luxe pour vététistes.
Gare quand même à pas être trop optimiste car ça descend vite et une glissade pourrait rayer un peu beaucoup la peinture.
On n’a pas le temps mais sinon tu remontes direct et tu rejoues le morceau autant de fois que tu veux.
En bas sur la partie rocheuse très technique, l’objectif des photographes est de vous saisir en pleine action.
Bien vu.

On rejoint le petit bout de calme plat pour continuer, en repassant au même endroit que ce matin pour revenir par la série de singles splendides ouverts l’an dernier.
Ca nous ramène au même ravito en bas de la combe de Larroque où on sera finalement passé trois fois durant notre périple.
Ca fait une douzaine de bornes que j’ai plus de liquide, autant dire que je me fais pas prier pour saisir un verre.
Vive la flotte.
82 km, il en reste 5 ou 6 environ pour terminer en remontant le long sentier en sous-bois
et se mettre le compte sur la route qui revient à Trespoux.
Je suis de mieux en mieux (merci l’entrainement copieux dans la semaine) et je fais la bosse au plus rapide, les jambes couinent un peu mais ça suit.
Un petit jeune Fous du Guidon de Gagnac plein de potentiel et plutôt affuté m'accompagne un bon bout.
Le pâté de maison du hameau de Larroque apparait bien vite en haut de la côte et on plonge avec bonheur encore dans le petit sentier recouvert par un tunnel naturel de buis.
Magnifique tout simplement.
Le bout de route qui ramène au village, je le vois à peine, à bloc avec les dernières forces, trop content de rentrer après cet étonnant parcours.

86 km, 5h40 de pur vtt, un D+ à 2500 peut être (j’ai pas mon gps), c’était le Roc Trespouzien 2011.
Fabulaux c’est ce que je disais.
La Tour relais, le parking, les copains, l’ambiance, la soupe au fromage, le bon vin, le pâté et le fromage et la suite, c’est Roc ‘n roll.
Les jambes et tout le reste ont été bien secoués, mais ce n’est rien comparé au bonheur qu’on a eu en retour.
C’est encore tout ça le Roc Trespouzien.
Quel que soit le parcours, on a du grand à tous les étages. Parcours intense et joueur comme jamais.
J’oublie certainement des choses qui vont me revenir par la suite, je rajouterai éventuellement, mais prenez date pour le futur, y a des raids à ne pas manquer.
Celui- là en fait partie.

Chapeau et bravo à l’organisation
Vous exploitez au mieux votre coin de paradis pour vtt
J’avais adoré l’an dernier, je m’étais plus que régalé au Roc Cadurcien en juillet et là avec ce millésime 2011, waouh !!
Encore une fois, Vive le Lot ! Qu’on se le dise.


Causerie :

Taper la causette :-)